Un cochon, dans une usine de production,

Ne cessait de manger trouvant le temps bien long.

Quand soudain, le goret fut prit de tremblement

Serait-ce la faute de ce drôle d'aliment?

Il tousse, grelotte, grogne et pousse un dernier soupir

Mais peu leur importe, c'est déjà l'heure de partir...

Par milliers, dans cette machine bien rodée

Ils s'en vont : de l'abatoir au supermarché.

Mais bientôt au Mexique le scandale explose

A Paris, le journaliste nourrit la psychose.

De ce porc malade, il en fait un héros

Et le hisse à la une de tous les journaux.

Mesdames, messieurs, voici la nouvelle tragédie

Oubliez la crise, les guerres, les autres maladies

Enfermez vos enfants, surtout ne sortez point

De ce XXIème siècle, voici la fin.

La voyageuse, alors de passage à La Paz

Ne se soucie guère de cette terrible menace

Elle sort, travaille, profite de chaque instant

Découvre la Bolivie et rencontre ses gens.

Un matin, fiévreuse elle se lève pour déjeuner

Quelques courbatures, la gorge sèche, fatiguée.

Sans qu'elle s'en doute, elle a été contaminée

Mais après deux jours au lit, la voilà soignée.

Comme d'hab, quand les médias s'emparent du cochon

C'est encore nous qui passons pour des cons !

Margaux et Cyrielle de La Fontaine