S’éveiller, se lever malgré le brouillard de fatigue qui nous entoure, sentir les caresses d’une fraîche brise alors que le soleil tape fort, refuser de manger déjà pour se délecter encore dans la sensation de faim, se trouver démunie devant les plus démunis, se lancer dans la traversée d’un cagnard quand on est assoiffée. Ces moments incompréhensibles où on se rapproche un peu de nos limites nous donne d’autres perspectives à nous qui n’avons entendu crier notre corps qu’en s’égratignant les coudes et les genoux. Ca nous apprend à comprendre un peu. Mais la différence est là : nous souffrons volontairement. Ceux qui ont connu la souffrance sans l’avoir choisie sont dans un autre univers. Cependant cette volonté, c’est aussi celle qu’on décide de prendre dans ces mains pour qu’elle devienne utile à changer ces souffrances, ces peines et ces destructions en sourires, en bonheurs et en initiations. C’est le pas qu’on franchit pour se retrouver dans l’engagement. Oui, nous croyons que cette volonté nous porte vers l’engagement.